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L'élevage bio, revenir aux basiques pour surmonter la crise - 23/02/2011

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Document d'Archive 18/02/2009
  La viande bio est encore rare dans les rayons mais ce mode de production pourrait aider les éleveurs à sortir de la crise...

«Si le bio ne marchait pas, je préfèrerais arrêter l’élevage plutôt que repasser en conventionnel.» Philippe Cabarat, éleveur de Charolaises en Bourgogne, est un pionnier: depuis 1984, il élève ses 65 vaches selon les principes de l’élevage biologique. Aujourd’hui, près de 3.000 éleveurs ont choisi d’apposer le label bio sur leur viande, leur lait ou leurs œufs. Conviction idéologique ou réaction aux difficultés économiques qui touchent les éleveurs, le bio apparaît comme une des voies d’avenir pour l’élevage.

Etre bio pour acheter moins et vendre plus cher

Philippe Cabarat est un convaincu de la première heure: déjà dans les années 1980, il constate que l’agriculture «va dans une impasse»: «C’était toujours s’agrandir, avoir de plus en plus d’hectares, sans que les revenus augmentent. C’est de là qu’est venue l’idée qu’on pouvait faire autrement et que le bio a émergé.»  Une solution pour se différencier et valoriser sa production, c’est également ce qui a amené Christophe Hervy, éleveur de vaches laitières, à passer au bio en 2010. «Avec la crise laitière, je me suis dit que mon lait devait avoir une valeur que les autres n’ont pas. Je peux le vendre 25 à 50% plus cher en bio», explique ce petit éleveur de 25 vaches Prim’Holstein qui fournissent du lait pour fabriquer le beurre AOC Charente-Poitou.

Bien souvent, le passage au bio n’a pas été une révolution dans les élevages. Leurs pratiques étaient déjà proches du cahier des charges biologique. «Depuis dix ans environ je travaille à diminuer les intrants chimiques grâce à un système de pâturage tournant. Je mettais très peu de produits chimiques pour les orties, les chardons, maintenant je les enlève mécaniquement. La seule vraie différence c’est que nous sommes contrôlés», explique Christophe Hervy.

L’autre différence, c’est souvent une réduction  des coûts de production, puisque les éleveurs utilisent l’herbe de leur exploitation plutôt que des céréales aux prix fluctuants pour nourrir leurs animaux. «Aujourd’hui, les seuls éléments que j’achète sont les semences et le fioul pour faire marcher le tracteur. Les vaches mangent l’herbe de la prairie et du foin en hiver», témoigne Philippe Cabarat.

Elever, pas exploiter

Pour obtenir le label bio, les éleveurs doivent nourrir leurs animaux au maximum avec les pâturages, complétés au besoin par des aliments bios. Le gavage est interdit et les jeunes animaux sont nourris par leur mère. Les animaux ont obligatoirement accès à l’extérieur et les races rustiques, adaptées au milieu naturel, sont privilégiées. Autant de règles simples qui évitent le recours à des traitements médicaux lourds: Christophe Hervy parle homéopathie avec son vétérinaire, tandis que Philippe Cabarat a pu affranchir ses robustes Charolaises de toute vaccination.

«Ça change un peu le métier, témoigne Christophe Hervy. En bio, il faut tout anticiper, c’est un projet technique intéressant.» Pour Philippe Cabarat, avec le bio «l’agriculteur retrouve le B-A BA qui est d’élever, pas d’exploiter».

Un élevage encore minoritaire

L’élevage bio reste minoritaire en France, avec moins de 2% du cheptel bovin et 5% des poules pondeuses. La baisse des aides fiscales accordées aux agriculteurs en conversion ne devrait pas faciliter l’augmentation de la production: «Le nombre de conversions au bio a été important en 2009-2010 pour l’élevage, mais en 2011 ça se calme…», observe Philippe Cabarat, qui préside la commission bio d’Interbev (Association interprofesionnelle du bétail et des viandes).

Audrey Chauvet

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