Le jeune ambassadeur, proche du Président, est devenu une icône du web. Une curiosité pour ce type de haut fonctionnaire, généralement habitué à la retenue...
Comment passer en quelques jours d’étoile montante de la diplomatie française à star du web. Voilà une expérience dont Boris Boillon, tout nouvel ambassadeur de France en Tunisie se serait bien passée. Pour sa prise de fonction, Boris Boillon a créé une polémique en deux jours, à cause de sa sortie, filmée par Radio Mosaïque, avec des journalistes tunisiens. Le diplomate, jusqu’alors en poste en Irak, présente samedi ses excuses sur Twitter. Le lendemain, il les réitère sur le plateau d’un journal tunisien. Où comment rattraper, par tous les canaux de communication possibles, une prise de poste plutôt ratée.
My name is Boillon, Boris Boillon…
L’homme n’est pourtant pas un néophyte sur Internet. Contrairement à ses collègues ambassadeurs, pour qui le silence est d’or, le jeune - 41 ans - Boris Boillon n’hésite pas à se mettre en avant dans les médias. Il a déjà été, en novembre 2009, le sujet principal d’un reportage de «66 minutes» sur sa fonction d’ambassadeur en Irak, avec de nombreux plans de jogging avec ses gardes du corps et d’entraînement au maniement des armes. A son arrivée en Tunisie il y a quelques jours, celui qui affirme pratiquer le fitness sur son profil du bottin Who’s Who, twitte et se félicite: «L'hospitalité tunisienne n'est pas un mythe: à peine arrivé ce matin, je suis déjà accrédité ! Merci à tous pour cet accueil fantastique».
Mais c’est une photo qui lance l’agitation médiatique. Peu avant son arrivée à Tunis, Boris Boillon affiche une photo de lui sur son profil du réseau social Copains d’avant. Sortant de l’eau tel Daniel Craig dans James Bond, la moue glamour et les pectoraux lissés, la photo de cet Apollon stupéfait, séduit ou choque. Elle fera d’ailleurs rugir la présidente du Front national, qui s’estime «effondrée»… Cette photo brise en tout état de cause l’image traditionnelle des serviteurs de l’Etat. Une image du pouvoir, à l’instar de la présidence de Nicolas Sarkozy.
Reprise, détournée, l'image aiguise l'appétit des internautes qui retrouvent une vidéo de son passage au Grand Journal de Canal+ en novembre dernier, où il expliquait notamment que le colonel Kadhafi avait droit à une deuxième chance et que le dirigeant libyen l'appelait «mon fils». Des mots qui résonnent étrangement en pleine répression en Libye. |