Ils voulaient 50 euros de plus, ils ne les ont pas eus. Lundi 7 mars, des employés de l'usine Valeo, à Amiens, on fait grève pour réclamer comme un peu partout en France un peu plus de pouvoir d'achat. Ici, le salaire moyen est de 1 400 euros, et beaucoup de salariés n'y arrivent plus.
Les affiches du Parti communiste maoïste sont placardées un peu partout aux abords de l'usine. La zone industrielle Nord d'Amiens a connu plusieurs conflits sociaux. Le site est même devenu un symbole national depuis que l'usine américaine Goodyear (manufacture de pneus), à seulement quelques mètres de Valeo, a obtenu de la justice une suspension d'un plan de restructuration lancé en 2007 – et toujours en stand-by.
Si la victoire n'est pas acquise chez Goodyear et que les emplois restent menacés, les actions de grèves et de blocages depuis plus de deux ans ont provoqué en Picardie un élan de sympathie, et fait des émules parmi le proche voisinage. Dont Valeo, qui fabrique des composants automobiles.
Deux jours de grève pour 50 euros
Sous l'impulsion de l'intersyndicale CGT, CFDT et SUD, la grève a été décidée lundi 7 mars dans l'après-midi. Le blocage de l'usine a commencé le lendemain à 4 heures du matin et s'est terminée le lendemain, aux alentours de 16 heures ; soit deux jours de mobilisation. Les syndicats réclament 2,5% d'augmentation mensuelle – 50 euros pour les bas salaires – quand la direction n'en propose que 1,75%.
Fabien Gillen, directeur des ressources humaines du site Valeo d'Amiens, accepte de descendre à l'accueil pour me parler. Il reste évasif. La poignée de mains est franche, l'homme un peu gêné, mais il n'en perd pas le sens de la communication officielle :
« Il y aura toujours des revendications. Ce mouvement était minoritaire. Néanmoins, les négociations sont en cours et nos propositions nous paraissent adaptées au contexte. Veuillez maintenant rester à l'extérieur de l'usine car je ne dirais plus rien. »
Tandis qu'une technicienne parle « d'un peu plus d'une centaine de grévistes », un autre évoque « un peu moins de la moitié » sur les 870 employés que compte l'entreprise. Tout le monde s'accorde sur le fait que mercredi, il ne restait qu'une petite vingtaine de grévistes. Trop peu pour continuer et pour peser sur les décisions de la direction. |