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Sentier de la guerre - 16/03/2011

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1-Sentier de la guerre
voir article du 22/02/2011
  La vente de la maison des Baudrit n'a pas eu lieu. La justice s'est prononcée juste sur une erreur technique dans la procédure. Rien n'est réglé pour autant
 Jean-Claude et Monique Baudrit, hier matin, à la sortie du tribunal. Leur maison n'a finalement pas été vendue aux enchères. Mais la guerre continue.  photo dominique jullian

Jean-Claude et Monique Baudrit, hier matin, à la sortie du tribunal. Leur maison n'a finalement pas été vendue aux enchères. Mais la guerre continue. photo dominique jullian

Difficile de parler de victoire tant le conflit s'est figé dans la haine. Hier matin, Monique et Jean-Claude Baudrit sont certes repartis soulagés du tribunal de grande instance de La Rochelle. Leur maison de Champagne n'a finalement pas été vendue aux enchères comme prévu. Vendredi dernier, la cour d'appel de Poitiers a annulé la procédure de saisie immobilière pour vice de forme. Ce qui a entraîné hier matin la radiation de leur dossier. Mais l'affaire qui les oppose à un voisin est loin d'être réglée. Car si la justice s'est prononcée sur une erreur technique dans la procédure, elle n'a en rien jugé le fond de l'histoire.

Depuis dix ans, les deux parties se déchirent pour un simple droit de passage sur un sentier. Un banal litige qui s'est transformé au fil des années en véritable guerre ouverte. Dix ans de procédures et de condamnations plus tard, la facture est lourde : l'artisan, qui a toujours obtenu gain de cause auprès des tribunaux, réclame près de 30 000 euros de dommages et intérêts. Au mois de juin dernier, la maison des Baudrit, dans l'incapacité de payer, est saisie. La vente aux enchères est repoussée à plusieurs reprises.

Un début de conciliation

Révélé dans nos colonnes en février dernier, le conflit de voisinage avait suscité de nombreuses réactions. Un comité de soutien s'était formé pour tenter d'éviter l'expulsion des deux retraités. Un blog avait été ouvert. Il y a une quinzaine de jours, le Droit au logement s'est saisi de l'affaire. Principal objectif : trouver une solution à l'amiable. Ce qui fut à deux doigts d'être fait. Pour la première fois en dix ans, les deux parties adverses se sont retrouvées autour de la table. C'était la semaine dernière en présence du maire. Un accord amiable a été signé, rappelle le DAL. Selon son représentant, l'artisan aurait même renoncé aux 30 000 euros de dommages et intérêts.

Un sacré pas en avant. La fin de l'impasse ? Pas si sûr. Crispé sur ses positions, le couple Baudrit n'en démord pas. Depuis le début, il dénonce une erreur judiciaire. Car selon lui, c'est bien une erreur dans le cadastre qui serait à l'origine de toute cette désastreuse affaire. Le notaire se serait trompé dans la superficie des parcelles. Aucun voisin n'aurait donc un droit de passage sur leur chemin qui serait leur entière propriété. « On réclame la vérité et qu'on reprenne tout à zéro », confiait hier matin Monique Baudrit, à la sortie du tribunal. Une volte-face qui pourrait lasser. Hier matin, le DAL ne cachait pas son agacement. « On ne sortira de cette histoire que par le dialogue », assurait son représentant.

Que va-t-il se passer maintenant ? Le sort des deux parties va-t-il retomber dans les mains de la justice ? L'affaire empoisonne depuis plusieurs années Champagne, petite commune de 530 âmes. Ici, chacun a ses partisans. Les histoires de famille ressortent du placard. « C'est chaud. Il y a une ambiance délétère à cause des ragots, des amalgames et des intérêts de chacun », confirme un fin observateur de la vie du village.

Dans ce climat où la haine a parfois pris le dessus sur la raison, une question inquiète le représentant du DAL : comment toute cette histoire va finir ? Débuté pour un litige dérisoire, le conflit serait déjà allé bien assez loin selon lui. Il espère seulement un retour à la sagesse.

Article du 22/02/2011


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