Malgré les forts risques de détournement des avoirs de l'État à des fins personnelles...
Le régime du Colonel Kadhafi a placé 1,8 milliard de dollars (1,27 milliard d'euros) issu de sa rente pétrolière dans des «produits financiers complexe» de la Société générale. C’est ce que révèle le quotidien Le Monde, dans son édition datée du 27 mai, alors que les sanctions économiques internationales s’accélèrent à l’encontre du régime.
La pratique n’a rien d’illégal, puisque la Société générale a vendu ses produits financiers avant ces sanctions internationales. Mais le journal Le Monde rappelle que «la banque française s'est bien gardée de reconnaître publiquement l'existence de ces placements opaques lui offrant des marges importantes».
Risques évidents
Citant Chalmian Gooch, directrice générale de Global Witness, une ONG fondée en 1995 pour lutter contre le détournement des ressources naturelles, le quotidien indique que «les grandes institutions financières privées ont accepté de faire fructifier l'argent du régime libyen en dépit des risques évidents de détournement des avoirs de l'Etat à des fins personnelles», et que «ces banques ont aidé à renforcer un pouvoir obscène». Et ce pour une raison simple, conclut Le Monde : «Cumulant coûts et risques faibles, la gestion de tels patrimoines est une activité très lucrative»
Interrogé par le quotidien, le lobby bancaire réplique «qu'il lui est impossible de séparer les actifs nationaux de la fortune personnelle des dirigeants nord-africains ou proche-orientaux». Et il rappelle que «jusqu'au déclenchement de la rébellion, Washington, Londres et Paris choyaient le régime de Tripoli». |