Routes: Les radars déjà mis à l'amende.
A peine installés, les indicateurs de vitesse sont jugés coûteux et inutiles...
«On est dans les clous. On tient notre plan de route!» Nommé il y a deux mois tout juste au poste de délégué interministériel à la Sécurité routière, Jean-Luc Nevache a eu le temps de bosser les métaphores automobiles. Pas sûr toutefois que cela suffise à convaincre les Français de l'utilité des radars pédagogiques. Lancés en pleine polémique sur la sécurité routière, ils ont commencé à fleurir, cet été, sur le bord des routes.
Un remplacement «absurde» et coûteux
Cent neuf sont déjà en place. A peu près autant seront installés d'ici au 23%u202Fseptembre. Pour l'instant, ils ne font que remplacer les traditionnels panneaux métalliques annonçant la présence, quelques centaines de mètres plus loin, de radars fixes. Ce qui laisse les automobilistes circonspects. «On remplace des panneaux par des radars qui auront le même rôle, résume Laurent Hecquet, délégué général de 40%u202Fmillions d'automobilistes. C'est une décision absurde!»
Et coûteuse. A 10.000 € le radar pédagogique, la facture s'élèvera au total à 40%u202Fmillions d'euros, intégralement financée par les amendes des automobilistes. Car le gouvernement a prévu d'installer 4%u202F000 radars pédagogiques d'ici à la fin 2012. «Cela fait partie du plan, justifie Jean-Luc Nevache. Nous allons placer 2%u202F000 radars pédagogiques avant les radars fixes et 2%u202F000 autres dans des endroits dangereux sans qu'il y ait pour autant de radar fixe derrière. Dans tous les cas, les chauffards ralentiront…»
Jouer à «celui qui pète le score»
Pas sûr. Contrairement aux anciens panneaux, les radars pédagogiques ont l'avantage d'afficher la vitesse des véhicules. Du coup, des motards se sont déjà donné rendez-vous sur Internet pour jouer à «celui qui pète le score». «Une fois qu'on est sûrs qu'il n'y a pas de vrai radar derrière, on peut s'amuser», explique l'un d'entre eux.
Encore faut-il que le radar pédagogique soit adapté. Rapidement équipé, le département de la Moselle a ainsi dû en démonter deux cet été. Les radars en question ne pouvaient indiquer qu'une vitesse à deux chiffres (jusqu'à 99 km/h) alors qu'ils étaient placés le long d'une autoroute à l'entrée de Metz limitée à 130 km/h.
Vincent Vantighem |