L'homme de 19 ans originaire de Créteil, abattu par un CRS à Saint-Laurent-de-Mure, avait menacé les policiers avec une arme factice...
«Les agents pouvaient légitimement craindre pour leur vie. L’usage de leur arme était justifiée», a déclaré jeudi après-midi Marc Désert, le procureur de la République de Lyon, au lendemain de la course poursuite fatale à l’issue de laquelle un homme de 19 ans, originaire de Créteil, a été abattu par un CRS à Saint-Laurent-de-Mure (Rhône). Lors de son arrestation mouvementée, le jeune homme avait menacé les policiers avec une arme, qui s’est avérée être factice. Il s’agissait d’une réplique à bille d’un modèle Beretta. «Une copie de bonne qualité», a précisé le procureur.
A Saint-Laurent-de-Mure, la voiture des deux fuyards, Marie-Ange, une femme de 53 ans et Kevin, 19 ans, avait été immobilisée vers 16 h 30 mercredi par la police après 11 tirs dans les roues et le bas de caisse. Trois pneus de leur Peugeot 107 rouge avaient été crevés avant que la voiture percute un fourgon de CRS.
Balle fatale dans le thorax
Les trois motards de la CRS 45 à leur poursuite ont d’abord interpellé la conductrice. Mais le passager ne s’est pas laissé faire. Deux motards ont tenté de l’extraire du véhicule quand il se serait penché en avant pour ramasser son arme factice. Un policier a ouvert le feu à deux reprises, manquant sa cible. Un autre CRS, placé en protection, a lui atteint le jeune homme d’une balle fatale dans le thorax.
La course poursuite avait débuté vers 15h45 sur l’A7 à hauteur de Tain L’Hermitage. Les gendarmes avaient été alertés que le passager d’une voiture rouge menaçait les autres automobilistes avec une arme. Pris en chasse par les gendarmes, la voiture forcé le péage de Vienne, avant de sortir à Saint-Symphorien d’Ozon (Rhône). «Leur comportement devient alors erratique et aberrant», raconte Marc Désert. Ils brûlent des feux, prennent des giratoires à contre-sens, manquent de renverser un motard de la CRS 45 qui vient de prendre le relais.
Rupture sociale et familiale
Le garçon abattu par la police a été présenté comme étant en «rupture sociale et familiale». Il s’était récemment battu avec son père à son domicile de la région parisienne, où la police, lors de son intervention, avait découvert 2 kg de cannabis. Expulsé du domicile familial, il avait également provoqué son beau-frère mi-février dans un duel au couteau. Les deux expertises psychiatriques conduites dans ces procédures ont conclu à la responsabilité pénale du jeune homme.
Sa compagne de 53 ans, dépressive, mère d’une fille de 9 ans, venait de quitter son poste à Pole Emploi. Le couple aurait décidé de quitter Paris pour se rendre en Corse, après un premier séjour dans le sud de la France. La conductrice n’a toujours pas été entendue par la police. Elle est hospitalisée depuis mercredi en raison de son «état de démence». Des traces de cannabis ont été retrouvées dans son sang.
L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Lyon et à l’IGPN.
Frédéric Crouzet et Manuel Desbois
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