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Salon de l'Agriculture: les professionnels sont «au bout du rouleau» - 18/02/2011
02 juin 2012
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Salon de l'Agriculture: les professionnels sont «au bout du rouleau» - 18/02/2011

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   ALIMENTATION - Le Salon de l'agriculture ouvre demain à Paris dans un contexte de «désespoir»...

Le 48e Salon international de l'agriculture* s'ouvre à Paris samedi dans une ambiance étrange, entre la fête et le mal-être. L'événement affiche toujours des chiffres impressionnant : 1.000 exposants, 3.500 animaux, 650.000 visiteurs attendus en neuf jours. Mais le contexte demeure très lourd: l'agriculture française se dit désespérée, endettée, isolée. Le taux de suicide y est le plus élevé de tous les corps de métie : environ 400 par an, soit plus d'un par jour.

Pour beaucoup d'exposants, le temps du salon offre une respiration, un contact avec le monde extérieur à l'agriculture. «C'est un moment où on peut être fiers de ce qu'on fait. Notre métier, on l'a au fond de nous, dans nos tripes, mais au fond de nos campagnes, on a du mal à le montrer», témoigne Lydie Deneuville, céréalière dans la Nièvre. «C'est rassurant de voir des citadins qui reviennent à nos valeurs.»

«Notre bétail n'a plus aucune valeur»

Cette agricultrice est aussi syndicaliste à la Coordination rurale. «Mon téléphone n'arrête pas de sonner. C'est pire que l'an passé, les gens sont désespérés. On est au bout du rouleau, ça va très, très mal.» La flambée des prix des céréales s'est répercutée sur toutes les filières. L'an dernier, sur sa fiche de paye, Lydie Deneuville a déclaré «moins 13.000 €», son mari, «moins 11.000».

François Vichard, lui, n'ira pas au salon. D'abord, c'est la saison des naissances pour cet éleveur de 130 vaches charolaises. Ensuite, il n'a « plus envie » d'y aller. «On est tellement dégoûtés. Y aller pour voir les ministres, les guignols qui nous commandent? Il aurait fallu mettre un grand drapeau noir sur le salon, et le déclarer fermé.» Depuis Noël, cinq de ses voisins se sont suicidés. «Notre bétail n'a plus aucune valeur. On le vend pour rien du tout. Nos trésoreries affichent moins 20 000 € en moyenne.» Dans cette histoire, il «ne sait pas» qui fait les marges. «Les grands distributeurs ne nous donnent pas leurs chiffres. Quand je vais au supermarché, les prix me choquent, vu le prix où je vends ma viande.» Comme Lydie Deneuville, François Vichard croit faire partie de la dernière génération des éleveurs français. «On souffre de n'être pas reconnus», rappelle Christiane Lambert, du syndicat FNSEA. Le Salon sera l'occasion de «lancer le débat avec les consommateurs».


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