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| | Musiciens pour La Palestine - Angers - 01/02/2011
 1-Musiciens pour La Palestine
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Détourner les enfants de la rue grâce à la musique
par Rebecca Weiss
Le petit Ramzi Abu Redwan était connu pour avoir jeté des pierres sur des soldats israéliens pendant la première Intifada. Il était le chef des enfants des rues dans le camp de réfugiés d’Al-Amari et sa photo avait fait le tour du monde. Son grand-père essayait en vain de le boucler à la maison.
Tout avait commencé quand Ramzi avait 8 ans. Un jour, il rentrait comme d’habitude de l’école avec son ami. Tout à coup, il entendit des coups de feu. Il se retourna et vit son ami par terre, tué par des balles. Il regarda fixement les soldats, prit une pierre et la jeta dans leur direction. «Et dès ce moment-là, j’ai jeté des pierres aux soldats dès que j’en voyais. Ils me rappelaient mon copain et le bon temps que nous avions passé ensemble. Et comme il y avait partout des soldats, je jetais des pierres presque tous les jours. Je croyais que c’était tout ce que je pouvais faire, je ne voyais pas d’autres solutions.»
Aujourd’hui, Ramzi est un adulte et un passionné de musique: il joue du violon. A l’âge de 17 ans, il a eu la chance de faire la connaissance d’un professeur de musique qui s’est intéressé à lui et lui a donné des cours de violon. Ramzi s’est alors fixé des objectifs et a travaillé. Les enfants du voisinage se rassemblaient devant sa maison et riaient en entendant les bruits étranges qu’il produisait. Ils croyaient que c’était un magicien. «Je sais bien, dit Ramzi, que cela ne va pas empêcher les violences et la guerre mais si seulement les enfants arrivaient à penser à autre chose – ne serait-ce que quelques instants.»
Bientôt, après un travail assidu, il a été invité à donner des concerts à l’étranger. Il a obtenu une bourse en France, à Angers et a travaillé dur avec la ferme intention de transmettre ses expériences aux enfants palestiniens. Son rêve le plus cher était de leur apprendre à jouer d’un instrument pour les éloigner de la rue et de la violence.
Aujourd’hui, on connaît bien le poster avec les deux photos de Ramzi. «La première signifie que nous sommes des enfants de la guerre. En jetant des pierres, nous montrons que nous voulons résister. La deuxième veut dire que nous avons le devoir d’offrir aux enfants des camps de réfugiés les mêmes possibilités qu’à n’importe quel autre enfant. Dans notre pays, les Israéliens essaient de tout détruire, nos maisons, nos rues, nous n’avons pas le droit de nous exprimer ni de nous déplacer. Mais ils n’arriveront pas à détruire notre identité. Et la musique fait partie de notre identité, de notre culture. Cela vaut la peine de se battre.»
«Faire de la musique donne de l’espoir. Aucun enfant qui vit dans des camps de réfugiés ou ailleurs en Palestine n’a de rêves. J’ai vu des centres culturels où les enfants dessinaient des chars et des fusils. Un jour, j’ai donné un concert dans un de ces centres. Retourné deux jours plus tard, j’ai vu les enfants continuer à dessiner des chars, mais quelques-uns essayaient d’imiter la forme des instruments. Imaginons deux garçons de cinq ans. Je donne un violon au premier. A 18 ans, il participera à un concours de musique, en Allemagne ou dans un autre pays, alors que le second sera un membre très actif d’un mouvement palestinien.»
Mais il faut être très discipliné. Quand Ramzi se rend à Ramallah ou dans des camps de réfugiés, il est toujours entouré d’enfants. Il leur sert d’exemple. Il discute avec eux et essaie de les influencer. Par exemple, les enfants savent bien qu’il voudrait qu’ils se lavent les mains. Et voilà un petit garçon qui lui montre ses mains propres, tout fier de lui. D’après Ramzi, la musique n’aidera les enfants à quitter la rue et à renoncer à la violence que s’ils arrivent à être disciplinés.
Programme:
AL Kamandjati
Ziryab Quartet
Ramzi Aburedwan
l'Orchestre National de Barbes
Les Noces Gitanes
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